Louer sa résidence en France : fiscalité et déclarations pour un propriétaire belge en 2025

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De plus en plus de Belges possèdent une résidence secondaire en France et souhaitent la mettre en location (meublé de tourisme, saisonnier, ou court séjour). Cette opération est tout à fait possible, mais elle implique trois niveaux de déclarations : en France (auprès de la mairie et de l’administration fiscale), en Belgique (dans la déclaration d’impôts), et parfois une déclaration spécifique à la commune française.​

Voici ce qu’il faut savoir en 2025 pour louer sa résidence française en toute sécurité fiscale et administrative.


1. La situation en France : meublé de tourisme et obligations locales

En France, la location d’une résidence secondaire à des touristes relève du meublé de tourisme(ou « location meublée non professionnelle » – LMNP).​

Conditions pour louer en meublé de tourisme

  • Le logement doit être meublé (literie, cuisinière, réfrigérateur, ustensiles de cuisine).​
  • Il est loué à la journée, à la semaine ou au mois, à des touristes qui en ont l’usage exclusif.​
  • En copropriété, il faut vérifier que le règlement n’interdit pas l’usage touristique (clause « habitation exclusivement bourgeoise »).​

Obligations vis-à-vis de la commune

Avant de louer, le propriétaire doit déclarer son logement comme meublé de tourisme auprès de la mairie du lieu de situation.​

  • Dans certaines grandes villes (Paris, Lyon, Nice, Bordeaux, Toulouse, etc.), il faut d’abord demander une autorisation de changement d’usage avant de déclarer le logement.​
  • Dans d’autres communes, la simple déclaration suffit.​
  • À l’issue de la déclaration, la mairie attribue un numéro de déclaration qui doit figurer dans toutes les annonces (Airbnb, Booking, etc.).​

⚠️ Sanction : ne pas déclarer peut entraîner une amende civile pouvant aller jusqu’à 5 000 €.​

Règle de compensation (certaines villes)

Dans certaines villes (notamment Paris et grandes agglomérations), la commune peut imposer une règle de compensation : le propriétaire doit acheter un local commercial et le transformer en logement.​

  • Le non-respect peut être sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 50 000 € et une astreinte de 1 000 € par jour et par m².​

2. Fiscalité française : impôt sur le revenu et charges sociales

Les revenus de location d’un meublé de tourisme sont des revenus fonciers imposables en France, même si le propriétaire est non-résident.​

Déclaration des revenus en France

  • Le propriétaire non-résident doit déclarer ses revenus locatifs français via la déclaration 2044(revenus fonciers) ou 2042 si le régime micro-foncier s’applique.​
  • Depuis 2023, tous les propriétaires de biens bâtis en France doivent déclarer la situation d’occupation de leur logement sur impots.gouv.fr (rubrique « déclaration de situation d’occupation »).​

Régime d’imposition

  • Micro-foncier (si les revenus locatifs < 15 000 €/an) : abattement de 30 % sur les loyers bruts.​
  • Régime réel (si > 15 000 € ou si le propriétaire le choisit) : déduction des charges (travaux, entretien, assurances, frais de gestion, etc.).​

Taux d’imposition en 2025

Les revenus fonciers de source française perçus par un non-résident sont soumis à un prélèvement forfaitaire :​

  • 20 % pour les revenus inférieurs à 29 315 € (revenus 2024) ;
  • 30 % pour les revenus supérieurs.​

💡 Ces taux sont appliqués après abattement (micro-foncier) ou sur le bénéfice net (régime réel).​

Charges sociales

  • Si les revenus locatifs dépassent un certain seuil, des cotisations sociales sont dues (environ 17,2 % en 2025).​
  • Le propriétaire peut aussi être redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE)selon la localisation et l’usage du bien.​

3. Fiscalité belge : déclaration et imposition des revenus étrangers

En Belgique, un résident belge est imposé sur ses revenus mondiaux. Cela inclut les revenus locatifs perçus en France.​

Déclaration de la valeur locative en Belgique

  • En Belgique, on déclare la valeur locative du bien français, calculée à partir de la valeur cadastrale (ou d’une estimation).​
  • Cette valeur locative est majorée de 40 % et sert de base pour le calcul de l’impôt sur le revenu.​

Exemple :

  • Valeur cadastrale indexée : 1 000 €
  • Base imposable en Belgique : 1 000×1,4=1 4001000×1,4=1400 €​

Exonération des revenus immobiliers français

Grâce à la convention franco‑belge de double imposition, les revenus immobiliers de source française sont exonérés d’impôt en Belgique, mais ils sont pris en compte pour la progressivitéde l’impôt.​

  • En pratique : le revenu locatif français n’est pas imposé en Belgique, mais il augmente le taux d’imposition applicable aux autres revenus belges.​

⚠️ Nouvelle convention franco‑belge (2025) :
La nouvelle convention prévoit que l’exonération belge est subordonnée à une imposition effective en France.​

  • Si le bien est loué et que les revenus sont imposés en France, l’exonération belge s’applique.
  • Si le bien n’est pas loué (ou si les revenus ne sont pas effectivement imposés en France), la Belgique pourrait théoriquement imposer la valeur locative.​

4. Les trois déclarations à effectuer (synthèse)

Pour un propriétaire belge qui loue sa résidence en France, trois déclarations sont nécessaires.​

DéclarationOù ?Quand ?Ce qu’il faut déclarer
1. Déclaration de meublé de tourismeMairie françaiseAvant la première locationNuméro de déclaration à mentionner dans les annonces
2. Déclaration des revenus locatifsAdministration fiscale française (impots.gouv.fr)Annuellement (déclaration 2044/2042)Loyer brut, charges déductibles, régime choisi
3. Déclaration de la valeur locativeDéclaration d’impôts belge (revenus étrangers)Annuellement (déclaration belge)Valeur locative du bien français (base imposable majorée de 40 %)

5. Conseils pratiques

Avant de louer

  • Vérifier le règlement de copropriété (si applicable).​
  • Se renseigner auprès de la mairie sur les obligations locales (déclaration, changement d’usage, règle de compensation).​
  • Choisir le régime fiscal français adapté (micro-foncier ou réel) en fonction du montant des loyers et des charges.​

Pendant la location

  • Conserver tous les justificatifs (contrats de location, factures de travaux, assurances, frais de gestion, etc.).​
  • Déclarer la situation d’occupation du logement sur impots.gouv.fr (obligation depuis 2023).​

En Belgique

  • Déclarer la valeur locative du bien français dans la déclaration d’impôts belge.​
  • Expliquer à vos clients que les revenus locatifs français sont exonérés en Belgique, mais qu’ils influencent le taux d’imposition global.​

6. Quand faire appel à un expert ?

La fiscalité croisée France‑Belgique est technique, surtout avec la nouvelle convention fiscale et les évolutions récentes.​

Nous conseillons à nos clients de consulter :

  • Un expert-comptable ou fiscaliste spécialisé en droit international (Belgique/France) pour optimiser la structure de location et la déclaration.​
  • Un notaire ou avocat immobilier français pour vérifier les clauses de copropriété et les obligations locales.​